Recherche

Mes affiliations

Le pôle de recherche Intersectionnalité que j'ai fondé et dirigé de 2005 à 2010 au Centre d'études ethniques des universités montréalaises (CEETUM) n'existe plus, mais je demeure membre régulière du CEETUM. Étant donné la teneur de mon investissement dans cette unité de recherche et ce dans les cinq premières années de ma carrière professorale, il convient de le présenter brièvement.
Le pôle se proposait comme un lieu d’échange, de formation et de production scientifique réunissant les chercheurs dont une majorité d'étudiants des cycles supérieurs et de post-doctorants qui ont été amenés à constater au fil de leurs recherches empiriques le caractère transversal des relations ethniques et qui souhaitaient centrer leurs approches dans une réflexion épistémologique commune. Dans les travaux réalisés au sein de ce pôle, l’analyse des relations ethniques s’éclaire par la prise en compte d’autres rapports sociaux dans lesquels celles-ci s’inscrivent. Le pôle avait une vocation à la fois théorique et méthodologique, et était organisé en réseau et proposait des activités de diverses formes : rencontres au tour d’un projet commun (évaluation des outils conceptuels, publication, colloque), ateliers de réflexion et de développement, conférenciers invités, activités d’appui aux étudiants des cycles supérieures (par ex. des séances de présentations commentées des travaux de doctorants).
  • GRDU: Groupe de recherche diversité urbaine
  • CMQ-IM: Centre Metropolis du Québec-Immigration et Métropoles
  • CRI-VIFF (chercheure associée)
  • CSSS de la Montagne, équipe METISS (Migration et Ethnicité dans les Interventions de Santé et de Service social (chercheure collaboratrice)
Programme de recherche

Nouveau projet
Masculinités migrantes et imaginaire occidental: une lecture intersectionnelle d'un régime de représentation contemporain (Migrant Masculinities and Western Imaginaries: An Intersectional Study of a Contemporary Representational Regime): CRSH (subvention ordinaire de recherche), 2010-2013.
(Un bref descriptif de ce nouveau projet sera mis en ligne sous peu)

Projets finalisés ou en voie de l'être
Il s'agit de deux projets de recherche interreliés: Choix, persuasion et contrainte : significations et enjeux du mariage en milieu immigré qui bénéficie d'une subvention ordinaire de recherche du CRSH (2006-2009) et Mariage arrangé, mariage d'amour: les jeunes montréalaises d'origine immigrée face aux projets matrimoniaux de leur famille qui est financé par le Programme d'établissement de nouveaux professeurs-chercheurs du FQRSC (2006-2009). Les projets portent sur les fréquentations sentimentales et les aspirations matrimoniales des jeunes Montréalais et Montréalaises (18-34 ans) d'origine immigrée et visent à explorer les attentes et les préoccupations liées à ces questions du point de vue des jeunes, des familles et des "communautés". D'intérêt particulier pour nous sont les stratégies de négociation, de contournement ou de résistance mises à l’oeuvre par ces jeunes afin de tirer le mieux possible leur épingle du jeu lorsque émergent des tensions au sujet de leur avenir matrimonial (le choix de leur futur-e conjoint-e) et les questions connexes comme les fréquentations amoureuses, les pratiques sexuelles, l'identité (l'orientation) sexuelle et la réputation.

Au-delà de leurs intérêts empiriques, ces projets sur les aspirations et projets matrimoniaux des jeunes issus de l'immigration offrent un champ d'innovation théorique et méthodologique en mettant en application, donc en opérationnalisant et vérifiant la validité de la posture théorique dite intersectionnalité. Je parlerai plus en détail de cette théorie et des manières dont mes recherches la mobilisent -avec ses embûches, prochainement.

Je suis également co-chercheure dans le projet Femmes, violences et contextes de vulnérabilités qui bénéficie de la subvention ARUC du CRSH (2006-2012) (chercheure principale : Maryse Rinfret-Raynor). L’objectif principal de ce projet est de parvenir à une meilleure compréhension de l’expérience de victimisation des femmes en contextes de vulnérabilité, de manière à produire des connaissances pertinentes tant sur le plan scientifique que sur le plan de l’amélioration des pratiques et des politiques. Plus précisément, l’ARUC poursuit 3 objectifs spécifiques en lien avec les volets recherche, formation, diffusion et transfert des connaissances.

NOTRE ÉQUIPE -qui regroupe les étudiants des cycles supérieurs qui sont sous ma supervision

L'idée de l'intersectionnalité se retrouve clairement dans l'activisme des féministes africaines-américaines des années 1970, précisément au manifeste Black feminist du Collectif de Combahee River de Boston qui met au jour dès 1977 l'imbrication des rapports de domination raciste, sexiste, hétérosexiste et capitaliste dans leurs expériences, et qui introduit la notion de 'identity politics' entendue au sens noble du terme -des luttes politiques fondées sur les expériences et les points de vue (standpoint) marqués par des rapports de domination imbriqués et refusant de devoir choisir l'une d'entre elles; une critique sans équivoque des politiques identitaires monistes. Le terme intersectionnalité (intersectionality), quant à lui, a été utilisé pour la première fois en 1989 par la juriste africaine-américaine Kimberlé Crenshaw dans le champ d'études critiques en droit. Son utilisation remarquable depuis 2000 au-delà du monde universitaire anglo-américain et du champ des études de genre mérite d'être soulignée, et doit faire l'objet d'examens critiques.

Les travaux de recherche menés sous ma direction par les étudiants des cycles supérieurs s'inscrivent dans une perspective intersectionnelle. Que ce soit en étudiant le parcours et le statut précaire de femmes immigrantes, les positions de féministes musulmanes, la construction d'une culture nationale racialisée, les dynamiques raciales des politiques de stérilisation forcée ou encore l'(homo)sexualité en milieux immigrants, leurs projets tentent d'appliquer une compréhension intersectionnelle des relations sociales, en appréhendant l'interaction de la race/ethnicité, du genre, des sexualités, de la classe, de l'âge et d'autres axes de différenciation socialement significatifs.


VALÉRIE BEAUCHAMP Bachelière en sociologie, profil fondamental, candidate à la maîtrise en sociologie, Université de Montréal valerie.beauchamp.2@umontreal.ca
Mes intérêts de recherche portent sur la sexualité hétéronormative et les rapports de genre, notamment sur la recherche de sex-appeal par certaines femmes et la façon qu'il convient d'interpréter cette identité ultra-sexy. Si certaines auteures féministes y voient l'aliénation de la femme par la réduction de l'identité féminine au corps et à la fonction sexuelle, d'autres auteures, pour la plupart postmodernes, construisent ces femmes comme agentes et résistantes puisqu'elles brisent les normes entourant la sexualité féminine, sexualité qui a été construite à travers les siècles comme humble, passive et destinée à la reproduction. Par ailleurs, dans la plupart des écrits portant sur ces sujets, la parole des femmes s'étant constituées comme ultra-sexy est souvent absente des recherches. Lorsqu'ils sont présents, leurs discours sont interprétés sans respect à leur propre analyse de leur réalité ou sans analyse critique de ces discours. Je me questionne donc sur la façon qu'il convient d'interpréter les discours des individus participant aux recherches sociales pour rendre compte de l'identité ultra-sexy en termes d'aliénation ou d'agentivité. Je m'intéresse aussi aux représentations médiatiques de la femme et de l'impact de celles-ci sur le désir de se construire en une identité féminine ultra-sexy.
Valérie vient d'obtenir la bourse du FQRSC et celle du CRSH pour la maîtrise. Félicitations!

CARYNE BRISSON Bachelière bidisciplinaire en sociologie et psychologie, candidate à la maîtrise en sociologie, Université de Montréal caryne.brisson@umontreal.ca
Je m’intéresse au fait minoritaire, plus précisément à l’intersection existant entre plusieurs statuts minoritaires que peut porter simultanément un même individu et qui interagissent pour former une position sociale complexe. Le sujet de mon mémoire porte en partie sur l’exclusion des femmes non-occidentales au sein du mouvement féministe en relation avec la conception limitée de leur agentivité qu’il met de l’avant.

MARIANNE CHBAT Bachelière en sociologie et candidate à la maîtrise en sociologie, Université de Montréal mariannechbat@hotmail.com

Mes intérêts de recherche portent sur les parcours des immigrants homosexuels d’origine libanaise. En inscrivant mon projet dans une perspective intersectionnelle, je cherche à comprendre les modalités qui interviennent sur le vécu de ces acteurs. Comment les principaux axes de différenciation, tels le genre, la classe et l’appartenance religieuse se croisent-ils et façonnent-ils l’agentivité des immigrants homosexuels d’origine libanaise à Montréal ? Issus d’une véritable mosaïque culturelle, les libanais homosexuels qui émigrent au Québec se situent au croisement de leur terre d’accueil et de leur terre d’origine. Je m’intéresse alors au positionnement de l’acteur face à sa communauté culturelle en terre d’accueil et face à la communauté gaie et lesbienne à laquelle il peut participer. Comment se construit son identité dans ces contextes pluriels partiellement opposés et constitutifs d’une variété de normes pouvant occulter ou inversement favoriser un certain pouvoir d’action?


MAYRA GUTMAN Bachelière en philosopohie et littérature, maîtrise en études internationales, et candidate au doctorat en sociologie (UdeM) mayra.roffe.gutman@umontreal.ca


Mes intérêts de recherche sont les rapports entre le nationalisme et les pratiques discriminatoires, la construction discursive des identités collectives, la gouvernementalité, les politiques sociales, les enjeux migratoires, la théorie critique, les études postcoloniales et la sociologie politique internationale.

MARIE-ÈVE MARTIN Bachelière bisdisciplinaire en psychologie et sociologie, candidate à la maîtrise en sociologie, Université de Montréal marie-eve.martin.2@umontreal.ca

Mes intérêts de recherche incluent principalement l’étude des homosexualités féminines et de leurs représentations au sein de divers discours (notamment cinématographique) dans une perspective intersectionnelle. Cet outil conceptuel et méthodologique permet l’appréhension de la réalité complexe des femmes revendiquant cette identité sexuelle et/ou pratiques sexuelles avec d’autres membres de la gent féminine, dont l’expérience subjective est influencée par un assemblage non-nécessairement prévisible de rapports sociaux de sexualité, de genre, de classe, de «race», d’ethnicité, etc., au sein desquels elles peuvent se positionner comme «majoritaires» ou «minoritaires». Dans une optique de lutte contre l’oppression et d’ouverture à la diversité, les cadres théoriques qui m’inspirent regroupent également les théories socioconstructivistes, «queer», féministes, postcoloniales et les études culturelles, pour ne nommer que celles-ci.
Marie-Ève vient d'obtenir la bourse du FQRSC et celle du CRSH pour la maîtrise. Félicitations!

ROXANNE MILOT Bachelière en sociologie avec orientation relations ethniques, immigration, racisme, candidate à la maîtrise, Université de Montréal roxanne.milot-lahaie@umontreal.ca

Mes champs d’intérêt sont : les relations ethniques, les rapports de genre, les rapports de classe, l’immigration, la division ethnique et sexuelle du travail, les inégalités sociales, les politiques sociales, les théories féministes néo-marxistes et post-coloniales, l’intersectionnalité, la théorie critique, la méthodologie qualitative et l’épistémologie sociologique.


OLIVIER ROY Bachelier en sociologie avec mineure en études interethniques, Université du Québec à Montréal, scolarité de maîtrise et candidat au doctorat en sociologie (passage accéléré), Université de Montréal olivier.roy.6@umontreal.ca
Je m’intéresse à la théorie de l’intersectionnalité, dans une perspective qui ouvre la voie à une analyse portant à la fois sur l’agentivité des sujets et sur les contraintes normatives, structurelles qui constituent le champ d'action des sujets. Il est donc question ici de tirer profit des acquis d’autres approches, notamment l’approche interactionniste et la théorie queer, tout en ne se limitant pas à l’une ou l’autre dimension de la vie sociale, mais en essayant de rendre compte de leur articulation, de leur interdépendance et de leur mutuelle constitution. Plus spécifiquement, c’est l’intersection des axes de différenciation dans les expériences d’hommes immigrants ayant des relations sexuelles et/ou amoureuses avec d'autres hommes qui se trouve au cœur de mon questionnement. Je m’intéresse aussi aux théories transnationales de la globalisation culturelle et à la théorie des droits de la personne.

Écoutez Olivier Roy parler de sa recherche doctorale sur les ondes de Radio Canada International (23.07.2010)

ANAÏS SÉKINÉ Licenciée en sociologie, Université Marc Bloch, Strasbourg; master en anthropologie sociale et ethnologie, EHESS, Paris; candidate au doctorat en sociologie, Université de Montréal anais.sekine@umontreal.ca

Mes recherches sont motivées par une volonté de développer une réflexion et une conscience antitotalitaires appliquées autant à la pratique de sociologue qu’à mes sujets d’études. Dans cette optique, je m’intéresse depuis quelques années aux questions d’identité et de différenciation, des enjeux de la visibilité et de l’invisibilité sociales des différences, en faisant une sorte d’herméneutique de l’apparaître (ex : Noir, Juif, homosexuel…) et d’herméneutique du discours (modes d’expressions ordinaires et théories critiques/minoritaires de l’expérience minoritaire). Ces media forment la base de conceptualisation de ce que j’appelle la "conscience minoritaire", comme conscience particulière constituée par une expérience significative de domination socioculturelle.